« Pacte de refondation des urgences » : Les professions libérales appelées à la rescousse

La Ministre de la Santé a lancé son « Pacte de refondation des urgences », un plan de 754 millions d’euros pour remédier à la crise des urgences hospitalières. Presque la moitié de ce budget sera consacrée à la création d’un service d’accès aux soins (SAS) qui devrait être opérationnel d’ici l’été prochain. La mesure est présentée comme « prioritaire » par le ministère. Il s’agira d’une plateforme accessible 24 heures sur 24 en ligne ou par téléphone qui devrait réguler en amont les besoins de soins des Français. Concrètement, les appelants devraient pouvoir obtenir un conseil, un rendez-vous chez le généraliste dans les 24 heures, une télé-consultation, une ambulance ou être orientés vers un service d’urgence. Une mission interministérielle, en concertation avec l’ensemble des acteurs, doit dessiner les contours de ce dispositif qu’il s’agira d’articuler avec les systèmes de secours. La Ministre ne s’est pas encore prononcée sur ses intentions concernant un numéro unique. Néanmoins, elle a clairement affiché sa détermination : « je ne veux plus de guerre de tranchées entre médecins libéraux, hôpital et pompiers », a-t-elle déclaré aux journalistes.

Agnès Buzyn compte sur la médecine de ville pour s’organiser en amont et éviter ainsi les recours injustifiés aux services d’urgence. Toute une série de mesures vont en ce sens. « Le développement d’une offre structurée de soins sans rendez-vous en libéral – et notamment l’accès à une consultation dans les 24 heures – est l’un des piliers majeurs de Ma santé 2022 », fait valoir le ministère. Pour ce faire, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) seront soutenues financièrement et disposeront d’un délai pour initier une organisation des soins non programmés, qui fait d’ailleurs partie de leurs missions. Une centaine de CPTS devrait être financée à la fin de cette année et 300 en 2020. Une cinquantaine de maisons médicales de garde supplémentaires seront financées (coût 10 millions d’euros). La pratique d’examens de biologie médicale simple sera rendue possible dans les cabinets libéraux et les maisons de santé. Les SAMU seront autorisés à envoyer un transport sanitaire pour conduire un patient chez un médecin libéral. Le tiers-payant devrait être « systématisé » dans le cadre de la garde des médecins libéraux. Enfin, concernant les personnes âgées, la Ministre se fixe comme objectif « zéro passage aux urgences » en encourageant les admissions directes dans les services hospitaliers.

Par ailleurs, Agnès Buzyn mise aussi sur l’intervention de professionnels libéraux non médecins. Plusieurs protocoles de coopération, applicables d’ici la fin de l’année, devraient renforcer le rôle des infirmiers et des pharmaciens dans la prise en charge de pathologies simples et permettre un accès direct au kinésithérapeute pour la traumatologie bénigne.

On peut certes se réjouir de ce recours aux professionnels libéraux dans ce plan de « refondation ». C’est en effet une reconnaissance de leur place indispensable dans le système de soins et un hommage rendu à leurs compétences. Plusieurs interrogations demeurent néanmoins quant à la façon dont les choses semblent être envisagées. La première concerne le SAS : quelle sera l’avenir de la régulation libérale et du numéro 116-117 expérimenté dans cinq régions ? Les syndicats de médecins libéraux s’interrogent. Le SML demande que ces expérimentations soient évaluées, d’autant que, dans les cinq régions où elles sont menées, on observe un recul des recours aux urgences. Si les médecins sont prêts à développer une offre de soins non programmés, les moyens promis pour les y inciter semblent très en deçà des besoins. Les représentants des médecins libéraux réclament une majoration de 15 euros pour toute consultation non programmée, un tarif de visite longue pour se rendre chez les patients en ALD de plus de 80 ans, et l’extension de la permanence des soins ambulatoires au samedi matin.

Le recours à la dispense d’avance de frais pour ces différentes prises en charge fait partie des attendus du pacte afin que la question financière n’incite pas les patients à continuer à s’orienter prioritairement vers les urgences hospitalières. Le Gouvernement attend des résultats rapides sur ce dossier afin de soulager au plus vite des services d’urgences débordés et, si possible, avant les épidémies hivernales. Dans ce cas de figure, PAYMED, pourrait apporter une contribution utile et rapidement mobilisable pour sécuriser la dispense d’avance de frais dans le cadre de la prise en charge des soins non programmés et des urgences en ville.

Paymed

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